Affichage des articles dont le libellé est coup d'état. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est coup d'état. Afficher tous les articles

vendredi 28 mai 2010

Yassiada, 50 ans après le coup d'Etat de 1960


Petite, minuscule île parmi l'archipel des îles des Princes à quelques kilomètres d'Istanbul dans la mer de Marmara. Voici Yassiada.

Afficher Yassıada sur une carte plus grande
Son histoire est très riche : voir page wiki. Aujourd'hui abandonnée après avoir été utilisée pendant de nombreuses années par l'armée, elle est tristement célèbre pour avoir été le lieu du procès des membres du gouvernement élu du parti démocrate turc après le coup d'Etat militaire du 27 mai 1960. Le gymnase que vous voyez sur les photos servait de tribunal. Les autres bâtiments hébergeaient les 592 personnes inculpées. Parmis elles, Adnan Menderes, le premier ministre, ainsi que les ministres des finances et des affaires étrangères furent condamnés à mort par pendaison. La peine capitale fut exécutée sur une autre île célèbre de la Mer de Marmara : l'île d'Imrali où est aujourd'hui enfermé le leader du PKK Abdullah Öcalan. Hier, la visite-commémoration de cette île fermée au grand public était organisée par le mouvement "Genç Siviller" (Les Jeunes Civils) qui milite pour rebaptiser l'île : "île de la démocratie" et installer à la place des anciennes prisons un musée de la démocratie.




vendredi 23 mai 2008

L'insoutenable légèreté du Routard


Ce qui est fascinant avec des guides touristiques comme Le Routard, c'est la visée totalisante qu'ils portent sur chaque pays en quelques centaines de pages. Il proposent des éléments de connaissance (pas trop non plus) dans tous les domaines possibles et imaginables (cf. chapitre Généralités: où Droits de l'Homme côtoie Narghilé, Harem ou Femmes et Sexualité), un vrai prêt-à-penser pour le touriste de passage. Je passerai sur la prétention de répertorier tous les sites qu'il faut visiter ou de dicter ce qui est beau pour en venir au point central : il arrive que les guides se trompent et commettent des erreurs factuelles impardonnables et graves pour celui qui les croit.
Mieux que de long discours: l'exemple de la couverture du coup d'Etat de 1980 qui comme par magie (même la propagande de l'armée turque ne doit pas être aussi grossière) incarnerait le triomphe de la démocratie et de l'Etat de droit. A moins que je ne sache pas lire. A vous de juger.
Routard Turquie 2006-2007 p.74 :
" En 1980, l'armée reprend le pouvoir. Fait exceptionnel dans l'histoire, l'armée turque s'arroge le pouvoir quand les civils n'arrivent pas à faire respecter l'ordre. Dès que le risque de guerre civile est écarté, l'armée organise ... des élections! Ainsi, en 1983, les partis politiques sont à nouveau autorisés."
Et que fait l'armée pour faire respecter l'ordre avant d'"organiser des élections" (élections=démocratie ??, il y a aussi des élections dans la plupart des dictatures), une petite répression sans conséquences qu'il n'est surtout pas utile de mentionner car ça prendrait trop de place. L'historien Hamit Bozarslan dresse ainsi le bilan de trois ans de pouvoir militaire :
" Une cinquantaine de militants, pour l'essentiel de gauche, furent exécutés (le plus jeune n'étant pas majeur). Plus de 400 militants de gauche furent abattus, torturés à mort et portés disparus. Plus de 650 000 personnes furent placés en garde à vue, 85 000 emprisonnées souvent pour de longues périodes. (..) Des milliers d'intellectuels et de journalistes partagèrent l'expérience carcérale. Les universités furent purgées ...". La liste pourrait continuer longtemps, moeurs, économie, éducation, institutions, tous les secteurs de la société furent profondément affectés par le régime militaire.
Source: Bozarslan Hamit, Histoire de la Turquie contemporaine,Paris, La Découverte, Repères, 2007, p. 66.
Related Posts with Thumbnails