jeudi 31 juillet 2008

Mes articles et reportages publiés dans la presse :

Pour les personnes intéressées, il est possible de m'envoyer un mail si vous voulez recevoir la version PDF de certains articles : clemgirardot@hotmail.com.

Mashallah News, Beyrouth:
Cliquer ici pour consulter la liste de mes articles en anglais et français.

L'Equipe Magazine, Paris:
Grand reportage sur le KIBERA OLYMPIC BOXING CLUB , Kenya L'espoir au bout des poing, 11 décembre 2010. Diaporama sur lequipemag.fr.

Mediapart, Paris :

Bahadir, une jeunesse gay en Turquie, 27 décembre 2010.
Triste jour pour l'art turc, 22 septembre 2010.
Sivas : Les plaies du massacre des alévis de 1993 sont toujours ouvertes, 2 juillet 2010.
Rentrer à l'Université, le cauchemar et le rêve des jeunes turcs
, 24 avril 2010.
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Série Istanbul 2010 capitale européenne de la culture

Cinéma : un certain retour à la terre turque, Une, article et diaporama, 31 décembre 2009.
Ahmet Ümit : plongée littéraire au coeur de l'Etat, Une, article et diaporama, 1er janvier 2010.
Ces artistes contemporains qui exorcisent la Turquie, Une, article, diaporama, 2 janvier 2010.
Musique : Istanbul brouille les pistes, Une, article, diaporama, 3 janvier 2010.
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Les îles des Princes, le laboratoire d'Istanbul et de la Turquie, 14 janvier 2010.
Histoire du cinéma turc 1: des origines aux années 60, 21 juillet 2009.
Histoire du cinéma turc 2: des années 60 à nos jours, 22 août 2009.
Turquie-Europe: les mirages de l'asile
, 29 juin 2009.
Le parlement européen à Istanbul !, 29 mai 2009.
Les petites mains de la démocratie européenne, 23 mai 2009.
Turquie, réformer l'article 301, un entretien avec Erol Önderoglu, 11 juin 2008.
Clichés nocturnes, 5 juin 2008.
Privés de vidéo, You Tube censuré en Turquie, 7 mai 2008.
Considérations sur le cinéma en Turquie, 23 avril 2008.
Istanbul, l'autre ville de la French Touch, 18 avril 200 8.

Zaman France, Paris :
Erzurum : le tourisme des sports d'hiver, 8 juillet 2010.
D'Istanbul à Kars, l'Ekspres du peuple, 24 juin 2010.
Kayseri ou l’expérience d’un islam capitaliste, 27 mai 2010.

Le Courrier, Genève :
Printemps culturel kurde, 9 avril 2011. 

Cinéma turc, années érotiques, 25 février 2011.  Guerre des ondes en Somalie, 13 décembre 2010.
Le jeune cinéma turc pose ses valises Sainte-Croix, 18 juin 2010.
Mariage entre affaires et Islam, 16 avril 2010.
Istanbul brouille les pistes, 10 février 2010.
Turquie, le mirage de l'asile, 20 juin 2009.
Neuf bureaux de poste ont disparu depuis 2001, 19 août 2005.
Unia recourt à la vente forcée pour payer une vendeuse, 18 aout 2005.
Un rapport administratif met hors de cause deux policiers, 11 aout 2005.
La santé précaire des rivières genevoises,10 août 2005.

La Vie Protestante, Genève :
Etre chrétien en Ouganda, février 2011.

Grand entretien, Eliane Bouvier, fevrier 2011.

En Somalie, la radio est une arme aux mains du pouvoir, février 2011."Sorry!", un OVNI théâtral débarque à Carouge, septembre 2010.
L'oasis verte du plus grand bidonville d'Afrique, juillet/aout 2010.
Etre Chrétien au Kenya, juin 2010.
Etre chrétien en Turquie, mars 2010.
Le Mali apprivoise l'eau pour stopper le désert, novembre 2009.
Grèce, Turquie: le naufrage du droit d'asile, septembre 2009.

ECHO Magazine, Genève :
Reportage : Le ring pour sortir du bidonville, 3 février 2011.
La Somalie est sans voix, 25 novembre 2010.
La Turquie au rythme du train, 30 septembre 2010.
Kenya : Inscrire, ou non, l'islam dans la Constitution, 5 aout 2010.
Reportage : La dernière forêt tropicale du Kenya, 15 juillet 2010.

La Revue "Valériane", Namur :
Bio dans le monde / Kenya : le bio à l’africaine : Septembre/Octobre 2010.

Kaële Magazine, Annecy :
Istanbul 2010, la nouvelle capitale européenne de la culture, février 2010.

Les Antennes, Grenoble :

FAL, un trait d'union entre la France et l'Amérique Latine, Les Antennes N°12 p. 10, mai-juin 2009.

Pigemag, Grenoble :

"Escapade sonore à Lyon" et "From New York to Grenoble", Pigé Magazine p. 31, mai 2009
Royal Rebel (Vidéo), mars 2009.
Le Labo part en voyage avec Christophe Raylat, émission Le Labo sur Radio Campus Grenoble dont j'étais le rédacteur en chef, 26 janvier 2009.
Edito : L'« Ultra-gauche » et le spectre de l'anarchisme : tremble citoyen !, le 17 novembre 2008.
La saga de la Faluche # 3 : Faluchage rime-t-il avec bizutage ?, le 22 novembre 2008.
La saga de la faluche #2 - Les trois vies du faluchard (+VIDEO), le 22 octobre 2008.
La saga de la Faluche #1 – Kézako ?, 12 octobre 2008.
Exposure, chantier artistique (Vidéo), 3 octobre 2008.
Le Forum Libé en débat, 25 septembre 2008.


samedi 28 juin 2008

Dernières images de l'Euro


Haydi Türkiye tes supporters sont là !

Un supporter qui a le sourire.

On fait volontiers les malins devant les caméras.

Fièvre rouge sur la place de Taksim après le premier but de l'équipe turque.

Vente sauvage de maillots de l'équipe turque, à 10 YTL qui refuserait de rejoidre les kırmızı ve beyaz (rouge et blanc)?

mercredi 11 juin 2008

Réforme de l’article 301 : « L’essentiel n’a pas été changé ! », entretien avec Erol Önderoglu

Symbole des atteintes à la liberté d’expression en Turquie, le célèbre article 301 du code pénal turc a été révisé par le parlement turc le 29 avril dernier. Cet article qui punissait le dénigrement de « l’identité turque » avait été invoqué dans les poursuites judiciaires contre le prix Nobel de littérature Orhan Pamuk et le journaliste arménien Hrant Dink, assassiné en janvier 2007. En France nous avons surtout connaissance de ces cas médiatiques.
D’après le ministre de la justice Mehmet Ali Şahin, interrogé devant le parlement sur cette question, ce sont 6075 individus qui ont été inculpés depuis cinq ans au titre de l’article 301 et de son ancêtre l’article 159, 745 ont été condamnés.L’article 301 fait parti du nouveau code pénal turc voté en 2005 pour satisfaire aux exigences de l’Union Européenne. L’ancien code pénal qui incluait le déjà très contesté article 159 avait été adopté en 1926 aux débuts de la République (proclamation en 1923) et s’inspirait très fortement du code pénal fasciste italien. Face aux critiques persistantes des défenseurs des droits de l’Homme mais surtout dans le cadre des négociations d’adhésion à l’Union Européenne, le gouvernement AKP (Parti de la Justice et du Développement) de Recep Tayyip Erdoğan a décidé de procéder un toilettage de cet article.

Voici les changements, en gras dans le nouvel article :
Article 301 du 1er juin 2005 [traduction Amnesty International]:

# Le dénigrement public de l’identité turque, de la République ou de la Grande Assemblée nationale turque sera puni de six mois à trois ans d’emprisonnement.

# Le dénigrement public du gouvernement de la République de Turquie, des institutions judiciaires de l’Etat, des structures militaires ou sécuritaires, sera puni de six mois à deux ans d’emprisonnement.

# Dans les cas où le dénigrement de l’identité turque sera commis par un citoyen turc dans un autre pays, la peine sera accrue d’un tiers.

#L’expression d’une pensée à visée critique ne constitue pas un délit.



Nouveau article 301 du 29 avril 2008 :

# Le dénigrement public de la nation turque, de l’Etat de la République Turque ou de la Grande Assemblée Nationale Turque et des institutions juridiques de l’Etat sera puni de six mois à deux ans d’emprisonnement.

# Le dénigrement de l’armée et des organisations de police de l’Etat recevra la même peine.

# L’expression d’une pensée à visée critique ne constitue pas un délit.

# Les inculpations au nom de cet article doivent recevoir l’approbation du ministre de la Justice.


Quelques semaines après son adoption, il est possible de porter un premier jugement sur la réforme et son application, à savoir si une plus large liberté d’expression est garantie ou si la situation reste inchangée. À ce sujet se tenait une conférence vendredi dernier, organisée par la fondation Heinrich Böll Stiftung proche du parti Vert allemand, avec des intervenants allemands et turcs dont Erol Önderoglu. Ce dernier est responsable éditorial des questions relatives à la liberté d’expression sur le site d’information indépendant Bianet et correspondant de Reporters Sans Frontières en Turquie. Il a eu l’amabilité d’accorder pour Mediapart un entretien sur l’article 301 et d’autres questions relatives à la liberté d’expression en Turquie.


Clément Girardot : La récente réforme de l’article 301 du code pénal a-t-elle changé la nature de cet article ?

Erol Önderoglu : Non. L’article 301 était une disposition que les journalistes et les défenseurs des droits de l’Homme avaient bien repérée même avant la réforme [en 2005,ndrl.]. On a tellement bien parlé de la réforme de cet article 301 que l’on n’a pas vraiment mis en cause tout le reste de l’arsenal du code pénal. On parle maintenant de plus de vingt articles qui entravent le travail des journalistes et des opposants.

Pour l’article 301, l’essentiel n’a pas été changé puisqu’on prévoit toujours de la prison pour ceux qui s’expriment librement sur le mauvais fonctionnement des organes de l’Etat, ceux qui mettent en cause les pratiques et les exactions du passé, tous ceux qui critiquent la main mise de la mentalité turque sur toute la société.

Mais c’est plutôt un problème de pratique de la justice. À l’écrit cela peut paraître tout à fait normal pour un occidental qui compare les textes de son pays à ceux de la Turquie. Je souligne que le problème est dû en grande partie à l’application de ces articles par la justice turque.


C.G. : Beaucoup d’observateurs ont eu l’impression que le gouvernement a joué sur les mots avec cet article, en remplaçant « identité turque » par « peuple turc ». Comment cet article est appliqué maintenant ?

E.O. : Concernant l’article 301, depuis sa mise en pratique le premier juin 2005, les magistrats l’appliquaient toujours avec comme qualification « le peuple turc ». Ce qui veut dire que l’amendement du 29 avril ne va rien changer en ce qui concerne les chefs d’accusations portés sur l’identité turque. C’était la jurisprudence de la cour de cassation. Par contre on voit là que pour satisfaire les représentants de l’Union Européenne, pour satisfaire les attentes de l’opinion publique internationale, on a réduit la peine maximale que prévoit cet article de trois ans de prison à deux ans de prison.

Qu’est-ce qui va changer ? La conséquence sera que les accusés vont être jugés non pas devant des tribunaux correctionnels mais devant des tribunaux de police. C’est-à-dire, même en cas de condamnation maximale, les peines vont se voir réduites et commuées en sursis. Il y aura plus de mécanismes entre les mains du juge pour qu’un accusé n’aille pas en prison tout en étant condamné. Deuxièmement, ce qui me paraît encore plus important : les accusés vont avoir du mal à faire écho de leur situation médiatiquement parce que les journalistes de la presse nationale et internationale ne vont pas voir grand-chose dans cette affaire puisque l’accusé n’ira pas en prison.


C.G. : Est-ce que le filtre du ministère de la justice va atténuer l’application ?

E.Ö. : Là, j’évaluerais bien la situation dans laquelle se trouve la justice turque parce qu’il y a des articles exceptionnels qui font que le procureur doit demander l’autorisation du ministère de la justice pour poursuivre les prévenus, c’était le cas de l’article 299 pour insulte au président de la république. Mais avec cet article 301 cela me paraît totalement un échec pour la justice turque.


C.G. : Il n’y a pas de séparation entre le pouvoir judiciaire et le pouvoir exécutif.

E.Ö. : Il n’y a pas de séparation et en même temps cela révèle l’échec de la pratique de la justice. On crée un climat totalement politique. Depuis ces cinq dernières années, le ministre de la justice Mehmet Ali Şahin a dit qu’il y avait eu 6075 personnes poursuivies en vertu de l’article 159 et de l’article 301. Nous on parle des intellectuels, de 150 personnes poursuivies mais on voit que c’est plutôt les gens de la rue qui en ont été victimes pendant cette période. 6075 personnes et on parle d’une quinzaine d’enfants. Et imagine que maintenant pour une poursuite d’enfants ce sera le ministre de la justice qui va dire si cet enfant pourra être poursuivi en vertu de l’article 301. C’est caricatural !


C.G. : Comment concrètement une personne dans sa vie quotidienne peut être poursuivie au nom de l’article 301 ?

E.Ö. : En fait, le problème c’est que l’on met dans le même lot une recherche scientifique, un article d’intellectuel, et une simple insulte dans la rue. Par exemple lorsqu’ils appliquent l’article 301 il faut que l’insulte soit en lien avec la pratique du fonctionnaire. Si c’est une insulte individuelle, de toute façon il y a des poursuites en dommages et intérêts, etc.. Il y a la prison aussi pour insulte dans le code pénal. Mais lorsqu’il y a insulte dans le cadre de l’exercice du fonctionnaire d’Etat ou insulte contre l’institution de l’Etat même, c’est-à-dire le parlement, l’armée, la police, la personne morale du parlement, de la République, de l’identité turque. C’est à ce moment là qu’ils appliquent l’article 301. Par exemple dire : « Quelle justice de merde ! ».


C.G. : Vous avez reporté récemment sur votre site internet le cas d’une personne dans les transports en commun …

E.Ö. : C’est quelqu’un dans un bus de transports en commun, derrière ou devant il y a un policier en civil qui écoute la conversation, qui intervient et qui porte plainte après parce que il y aurait insulte à la police, il y aurait insulte au gouvernement etc. Donc c’est une enquête qui est en cours. Dans ces dix derniers jours on a eu quatre cinq cas comme ça d’investigation en vertu de cet article.

C.G. : Cet article étant hérité du code pénal fasciste, pourquoi semble-t-il aussi dur au XXIème siècle de l’abroger et d’où viennent les résistances ? De l’Etat lui-même ? De « l’Etat profond » ?

E.Ö : Je ne sais pas si l’Etat est beaucoup plus profond ici qu’ailleurs. Concernant l’article 301 ont sait très bien que les forces de sécurité de l’Etat résistent pour que les chefs d’accusation les concernant dans cet article persistent. Le nouveau code pénal turc, on l’a proposé et on l’a voté dans une période de huit mois. Tout le code pénal, il s’agit de 500 articles de lois qui concernent toute la société. Les journalistes, les opposants, les syndicats, les associations professionnelles ou les défenseurs des droits de l’Homme n’ont pratiquement pas été écoutés. Tout cela pourquoi ? Parce que le nouveau code pénal n’est pas fait pour nous, il est fait pour les 70 millions d’habitants et tant que leur mentalité ne changera pas, tant que l’Etat restera tel qu’il est, on n’aura pas besoin d’amender le code pénal de Mussolini.


C.G. : L’abrogation de cet article semble plutôt être la préoccupation de l’Union Européenne et pas de la population locale ?

E.Ö. : En fait la population elle-même ne se voit pas victime. Certes, ces cinq dernières années on a parlé de plus de 6000 cas mais la population pour l’essentiel n’a pas eu accès à ce débat. On parle de l’article 301 sur des sites spécialisés, à travers un certain nombre de médias vraiment limités. La population elle ne sentirait rien non plus si on abrogeait l’article 301 vu qu’il y a d’autres dispositions qui peuvent être applicables. Il y a l’article 125 du code pénal qui réprime l’insulte, on a l’article 267 qui sanctionne la calomnie, la diffamation, etc..


C.G. : Il y a aussi la loi sur l’insulte à Atatürk qui a été utilisée pour interdire You Tube …

E.Ö : Interdire You Tube, sanctionner jusqu’à quatre ans et demi de prison des intellectuels. Cette loi que l’on qualifie d’atteinte à la mémoire d’Atatürk, c’est une loi qui ne fait pas partie du code pénal turc, c’est une loi totalement à part. Ce qui est surprenant c’est que lors des réformes pour l’Union Européenne, on n’a pas du tout parlé de cette loi et pour moi c’est une loi mémorielle comme la loi qui a été votée en France. Elle réprime tous ceux qui veulent mettre en cause des pratiques du passé, de la période d’Atatürk.


C.G. : Quelle est la position de l’AKP sur ces sujets de liberté d’expression ? Ont-ils un double jeu, d’un côté faire plaisir à l’Europe mais surtout ne pas trop en faire ?

E.Ö. : Cela me paraît une position hypocrite de la part de l’AKP parce que lorsqu’il fallait vraiment voir que l’article 301 et cette vingtaine d’articles du code pénal turc causaient de grands dégâts et il était possible de le voir avant que le journaliste arménien Hrant Dink se fasse assassiner, l’AKP ne voyait pas de mal à garder cet article de loi parce qu’il ne voulait pas frustrer les masses nationalistes pendant une période pré-électorale. Et tant que les magistrats ne font pas usage de cet article contre la masse islamiste ou la masse conservatrice ça peut aller. C’est doublement hypocrite.


C.G. : Pensez-vous que l’article 301 puisse être prochainement abrogé ?

E.Ö. : Non je ne pense pas que l’article 301 sera abrogé. Cela serait un échec total pour la politique de l’AKP. Ce serait pour le gouvernement se mettre en difficulté par rapport à ses relations avec l’armée et les organes essentiels de l’Etat. Cela donnerait un mauvais message aussi pour les partis d’opposition qui ont soutenu l’AKP dans cette résistance.


C.G. : Finalement, aucun parti ne soutient réellement une telle réforme ?

E.Ö. : Il y a seulement le parti pro-kurde, le Parti de la Société Démocratique (DTP), il y a quelques députés indépendant comme Ufuk Uras qui est devenu le député du Parti de la Liberté et de la Collaboration (ÖDP). Ils sont très très peu à soutenir une telle réforme.

dimanche 8 juin 2008

Ambiance, ambiance foot !

Turquie Portugal
Vidéo envoyée par lebainturc

C'était un peu la soupe à la grimace hier soir après la défaite. De toute façon personne ne semblait vraiment y croire dans le café turc traditionnel où j'ai passé la soirée. Personne n'a chanté l'hymne national. J'étais pourtant en compagnie de vrais machos turcs mais malgré quelques jurons (küfür) de rigueur, le coeur n'y était pas. Même généralement, peu de drapeaux ou de t-shirts de l'équipe. Allez les amis tout n'est pas encore fini, il reste deux matchs. Türkiye uyan ! (Turquie réveille-toi !)

samedi 7 juin 2008

Euro Foot : Que dit İDDAA ?


IDDAA est une institution en Turquie, c'est le nom du loto foot local et bien plus encore. Il recueille chaque jour des millions de paris. Encore plus populaire que le loto normal, IDDAA permet de jouer avec presque tous les championnats du monde. Les turcs aiment parier avec les petites ligues étrangères, même de deuxième ou troisième division car les cotes sont plus importantes. J'ai été plusieurs fois surpris lorsque je disais que je venais de Grenoble et que l'on me répondait qu'il y avait une équipe en deuxième division française !
Tous les championnats européens étant achevés, les parieurs se sont tous focalisés sur l'évènement footballistique de l'année (après la victoire de Galatasaray en championnat) : la coupe d'Europe de football pour laquelle l'équipe nationale s'est qualifiée avec difficultés. D'ailleurs, derrière un chauvinisme permanent au moins égal à celui des français, les turcs semblent douter un peu des chances de leur équipe si l'on en croit un sondage (6546 votes) en ligne sur le site d'IDDAA. Près de 30 % des participants pensent que la Turquie ne sortira pas des poules, 23 % qu'elle arrivera en quart et tout de même 29 % qu'elle atteindra la finale, dont 16 % pour la victoire.
À quelques heures du coup d'envoi de la compétition et du très attendu Turquie-Portugal de ce soir, voici les pronostics des parieurs turcs, sans réelles surprises à vrai dire. Entre parenthèses les cotes.

Qui sera champion d'Europe ?
1 Allemagne (4,5)
2 Italie, Espagne et France (7,5)
5 Portugal (9)
...
Turquie (20)
La plus mauvaise cote revient à l'Autriche (60).

Quelles seront les équipes qulifiées en phase finale ?
Groupe A
Portugal (1,2) et République Tchèque (1,6).
Assez surprenamment, la Turquie (2,5) a même une moins bonne cote que la Suisse (2).

Groupe B
Allemagne (1,05) et Croatie (1,35).

Groupe C
Italie (1,3) et France (1,4).

Groupe D
Espagne (1,1) et Russie (2).

lundi 2 juin 2008

Pour la paix


Photo : bianet.

Rassemblement organisé hier à Kadıköy par l'assemblée de la paix (bariş meclisi). Le mot d'ordre était : "Nous voulons une solution démocratique au problème kurde, nous ne voulons plus de morts mais une solution". Espérons que le message des manifestants sera entendu par l'armée et le gouvernement.
Article sur bianet.

mardi 27 mai 2008

Le jeu des sept erreurs


La Liberté guidant le peuple, Eugène Delacroix, 1830.



İnkılap yolunda (Sur la voie de la révolution), Zeki Faik İzer, 1933.

vendredi 23 mai 2008

L'insoutenable légèreté du Routard


Ce qui est fascinant avec des guides touristiques comme Le Routard, c'est la visée totalisante qu'ils portent sur chaque pays en quelques centaines de pages. Il proposent des éléments de connaissance (pas trop non plus) dans tous les domaines possibles et imaginables (cf. chapitre Généralités: où Droits de l'Homme côtoie Narghilé, Harem ou Femmes et Sexualité), un vrai prêt-à-penser pour le touriste de passage. Je passerai sur la prétention de répertorier tous les sites qu'il faut visiter ou de dicter ce qui est beau pour en venir au point central : il arrive que les guides se trompent et commettent des erreurs factuelles impardonnables et graves pour celui qui les croit.
Mieux que de long discours: l'exemple de la couverture du coup d'Etat de 1980 qui comme par magie (même la propagande de l'armée turque ne doit pas être aussi grossière) incarnerait le triomphe de la démocratie et de l'Etat de droit. A moins que je ne sache pas lire. A vous de juger.
Routard Turquie 2006-2007 p.74 :
" En 1980, l'armée reprend le pouvoir. Fait exceptionnel dans l'histoire, l'armée turque s'arroge le pouvoir quand les civils n'arrivent pas à faire respecter l'ordre. Dès que le risque de guerre civile est écarté, l'armée organise ... des élections! Ainsi, en 1983, les partis politiques sont à nouveau autorisés."
Et que fait l'armée pour faire respecter l'ordre avant d'"organiser des élections" (élections=démocratie ??, il y a aussi des élections dans la plupart des dictatures), une petite répression sans conséquences qu'il n'est surtout pas utile de mentionner car ça prendrait trop de place. L'historien Hamit Bozarslan dresse ainsi le bilan de trois ans de pouvoir militaire :
" Une cinquantaine de militants, pour l'essentiel de gauche, furent exécutés (le plus jeune n'étant pas majeur). Plus de 400 militants de gauche furent abattus, torturés à mort et portés disparus. Plus de 650 000 personnes furent placés en garde à vue, 85 000 emprisonnées souvent pour de longues périodes. (..) Des milliers d'intellectuels et de journalistes partagèrent l'expérience carcérale. Les universités furent purgées ...". La liste pourrait continuer longtemps, moeurs, économie, éducation, institutions, tous les secteurs de la société furent profondément affectés par le régime militaire.
Source: Bozarslan Hamit, Histoire de la Turquie contemporaine,Paris, La Découverte, Repères, 2007, p. 66.

lundi 19 mai 2008

Türk Polisi çok teşekkürler !



Alors que je prenais en photo ces deux superbes affiches à la gloire de la police (« Istanbul est une ville sûre, je remercie la police turque » pour la première et « Si je n’étais pas devenu footballeur, je serais devenu policier pour lutter contre le hooliganisme » pour l’autre) voilà que deux policiers que je n’avais pas vu m’abordent. En effet, je n’avais pas remarqué que ces magnifiques photos ornaient l’enceinte de la préfecture de police, bâtiment hautement stratégique (au demeurant super laid) qu’il est interdit de photographier. Ils me demandent ce que je fais là, je leur dis que je prends en photo les photos. Ils me rappellent que c’est interdit et me demandent pourquoi je prends ces photos. « Parce que ce sont des footballeurs célèbres », j’improvise en urgence car je ne pense pas qu’ils auraient apprécié que je leur lance: « Pour l’amour de la propagande absurde ! ».
Ils demandent à voir mes clichés, je leur montre et constatant que je n’ai pris que les affiches, ils me laissent la vie sauve. Il faut dire que comme à l'accoutumé ils portent en bandoulière une mitraillette et ont constamment le doigt sur la gâchette. Puis ils engagent la conversation, depuis quand es-tu en Turquie ? … Ils me félicitent pour mon niveau de turc. Je leur demande où est la station de métro et ils m’accompagnent jusqu’au croisement. En chemin, il me posent d’autres questions. En apprenant que je suis français, un policier me répond qu’il a des amis en France. Il les a rencontré sur internet, Damien et Clarisse et ils discutent en anglais. Ils m’indiquent une dernière fois la route et me saluent. De vrais gentlemen.
Ben de Türk Polisi tesekkür ediyorum.
Et puisque cette journée devait être marquée du sceaux de la sécurité, je ne fus pas au bout de mes surprises en rencontrant un jeune apprenti officier dans le Métro. Il pensait que j’étais turc et que je venais d’Izmir en voyant mon journal turc. Il a 14 ans et étudie au lycée militaire d’Üsküdar, il se prépare à devenir un officier de l’armée de terre en rejoignant auparavant l’université militaire. Quand je lui demande pourquoi il veut devenir militaire, il me répond en anglais (il me dit aussi que l’anglais est la matière la plus importante à l’école militaire) que les officier sont des « strong man » mais je n’en saurai guère plus. Malgré son jeune âge, il accepte la discipline qu’il faut observer pour suivre une telle formation et trouve même cela positif. Son prénom est Iskender (Alexandre) et son nom Aznavur. Je lui dis qu’un chanteur français très célèbre, Charles Aznavur, a le même nom et après quelques hésitations je lui demande aussi s’il est d’origine arménienne. Il me répond qu’il ne sait pas mais que c’est intéressant parce que c’est la première fois qu’on le lui apprenais. Après quelques recherches sur internet, je trouve que le mot aznavur signifie "homme fort" (quelle prédestination) en turc, mais aussi j'ai trouvé "géorgien" comme traduction. Le mystère reste entier sur l'origine du nom, peut-être le nom d'Aznavour (le vrai nom de Charles étant Aznavourian) est-il plutôt d'origine turque ou géorgienne ? Son père est un arménien né en Géorgie d'après la bio. Et quid d'İskender ?

dimanche 11 mai 2008

C'est ici que vit le jour GAZI MUSTAFA KEMAL ...



J'étais en voyage à Salonique en Grèce la semaine dernière et je ne pouvais donc rater sous aucun prétexte la visite de la maison natale de Mustafa Kemal Atatürk (1881-1938) que je n'ai plus besoin de présenter.
Donc, c'est par une belle journée de mai 1881 que le petit Mustafa (il n'avait pas encore de patronyme car c'est lui même qui va l'imposer aux turcs en 1934), fils de Ali Riza Enfendi et de Zübeyde Hanim, voit le jour dans sa belle maison ottomane de Salonique, alors grande métropole de l'Empire Ottoman.
Il n'habite dans cette maison réellement que sept ans jusqu'à la mort de son père mais reste à Salonique jusqu'en 1896, date à laquelle il rejoint le lycée militaire de Monastir avant de connaître la carrière d'officier que nous savons (n'est-ce pas?).
La maison est assez sobre et d'architecture traditionnelle ottomane, avec des poutres en bois et un crépis rose. Elle est située dans l'enceinte du consulat turc ou plûtot le consulat turc a été construit à côté de la maison d'Atatürk qui a été donnée à la Turquie par la mairie de Salonique en 1933.
Maintenant elle fait office de musée Atatürk où le pélerin peut se recueillir devant de nombreuses photos ainsi que des reliques "en provenance directe d'Ankara" nous a certifié le guide. Malheureusement, les meubles ne sont pas d'époque.J'ai pu faire la visite en compagnie de quelques touristes turcs de passage qui n'ont pas manqué de mitrailler la maison dans ses moindres recoins. J'en ai fait de même !

Sa tenue de soirée. Beau gosse !


Tong, casquette, chapelets et canne.


Photos de jeunesse, pas mal le déguisement de carnaval !


Les toilettes à la turca !

Page de la maison d'Atatürk sur le site du ministère de tourisme.
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