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mercredi 31 mars 2010

Ceza rappe pour la police !

Voici le nouveau clip de Ceza, le rappeur le plus populaire de Turquie, ou plutôt celui de la police d'Istanbul qui, pour célébrer son anniversaire, a repris une chanson de Ceza : ”Artık suç değil sevgi işleyin” (Désormais, travaillez pour l'amour et non le crime). Une telle convergence entre le hip hop et les forces de sécurité devrait peut-être inspirer la police nationale française pour restaurer la confiance dans les banlieues ? La police turque, elle, est déjà dans la place !

Et la police turque n'en est pas à son coup d'essai, voici un autre clip qui s'intitule sobrement Vatan için (Pour la patrie).

mardi 6 octobre 2009

Altercations à Istanbul en marge du sommet du FMI


En Turquie aussi on a la culture de la manif, certes c'est un phénomène plus marginal (plus violent) et cyclique, généralement Istanbul s'embrase le Premier Mai. Réunion du FMI à Istanbul en ce moment, l'occasion était trop belle pour les gauchistes locaux de manquer une partie de cache-cache avec la police dont quelques banques, vitrines, voitures ont subi les dommages colatéraux. D'après le chiffres officiels, plus de cent personnes seraient en garde à vue. La police, elle aussi s'en donne à coeur joie lors de ces journées, ne faisant généralement pas dans la dentelle, tout le quartier de Beyoglu a été recouvert d'une brume matinale : les gaz lacrymogènes. Les badauds en ont eu pour leur argent, la douche était même gratuite.
Rituel pour la police, les manifestants et aussi les journalistes. Les reporters chevronnés n'auront pas oublié chez eux leur masque à gaz et devront jouer aussi à chat perché ou au jeu du loup.
Ce soir, tout ce beau monde doit être bien fatigué. Un peu de repos et, peut-être, rebelotte demain car le FMI dure jusque mercredi.


Autres photos :

vendredi 1 mai 2009

Un Premier mai pas comme les autres (ou presque) !


Des banderoles sur la place de Taksim au centre d'Istanbul un 1er mai, du jamais vu depuis 32 ans (voir détails sur le 1er mai 1977, sur l'année dernière).
Cette fête du travail 2009 devrait refermer une longue page noire de l'Histoire sociale turque. Pour la première fois depuis le coup d'Etat de 1980, le 1er mai est un jour férié et un cortège d'environ 5000 syndicalistes a été autorisé par la police à se rendre sur la place de Taksim (photo ci-dessus), lieu symbole de la tragédie de 1977. Des membres de quelques partis de gauche se sont mêlés à la foule.
Depuis le canapé où j'étais confortablement installé, j'ai même pu apercevoir subliminalement sur la place de Taksim quelques drapeaux de la CGT !!!
Mais je vous rassure, la tradition de la guérilla urbaine n'est pas totalement morte. Tandis que les grands syndicats ont pu se rendre pacifiquement à Taksim, des affrontements ont eu lieu dans les rues annexes entre la police et des groupes de militants (les "provocateurs" dans le jargon local). On a pu apercevoir à la télévision quelques jets de cocktails Molotov, des gaz lacrymo, des vitrines brisées et des arrestations musclées (voir photos ci-dessous). Ce soir, le bilan en termes d'arrestations et de blessés devrait toutefois être beaucoup plus léger que les années précédentes.


lundi 19 mai 2008

Türk Polisi çok teşekkürler !



Alors que je prenais en photo ces deux superbes affiches à la gloire de la police (« Istanbul est une ville sûre, je remercie la police turque » pour la première et « Si je n’étais pas devenu footballeur, je serais devenu policier pour lutter contre le hooliganisme » pour l’autre) voilà que deux policiers que je n’avais pas vu m’abordent. En effet, je n’avais pas remarqué que ces magnifiques photos ornaient l’enceinte de la préfecture de police, bâtiment hautement stratégique (au demeurant super laid) qu’il est interdit de photographier. Ils me demandent ce que je fais là, je leur dis que je prends en photo les photos. Ils me rappellent que c’est interdit et me demandent pourquoi je prends ces photos. « Parce que ce sont des footballeurs célèbres », j’improvise en urgence car je ne pense pas qu’ils auraient apprécié que je leur lance: « Pour l’amour de la propagande absurde ! ».
Ils demandent à voir mes clichés, je leur montre et constatant que je n’ai pris que les affiches, ils me laissent la vie sauve. Il faut dire que comme à l'accoutumé ils portent en bandoulière une mitraillette et ont constamment le doigt sur la gâchette. Puis ils engagent la conversation, depuis quand es-tu en Turquie ? … Ils me félicitent pour mon niveau de turc. Je leur demande où est la station de métro et ils m’accompagnent jusqu’au croisement. En chemin, il me posent d’autres questions. En apprenant que je suis français, un policier me répond qu’il a des amis en France. Il les a rencontré sur internet, Damien et Clarisse et ils discutent en anglais. Ils m’indiquent une dernière fois la route et me saluent. De vrais gentlemen.
Ben de Türk Polisi tesekkür ediyorum.
Et puisque cette journée devait être marquée du sceaux de la sécurité, je ne fus pas au bout de mes surprises en rencontrant un jeune apprenti officier dans le Métro. Il pensait que j’étais turc et que je venais d’Izmir en voyant mon journal turc. Il a 14 ans et étudie au lycée militaire d’Üsküdar, il se prépare à devenir un officier de l’armée de terre en rejoignant auparavant l’université militaire. Quand je lui demande pourquoi il veut devenir militaire, il me répond en anglais (il me dit aussi que l’anglais est la matière la plus importante à l’école militaire) que les officier sont des « strong man » mais je n’en saurai guère plus. Malgré son jeune âge, il accepte la discipline qu’il faut observer pour suivre une telle formation et trouve même cela positif. Son prénom est Iskender (Alexandre) et son nom Aznavur. Je lui dis qu’un chanteur français très célèbre, Charles Aznavur, a le même nom et après quelques hésitations je lui demande aussi s’il est d’origine arménienne. Il me répond qu’il ne sait pas mais que c’est intéressant parce que c’est la première fois qu’on le lui apprenais. Après quelques recherches sur internet, je trouve que le mot aznavur signifie "homme fort" (quelle prédestination) en turc, mais aussi j'ai trouvé "géorgien" comme traduction. Le mystère reste entier sur l'origine du nom, peut-être le nom d'Aznavour (le vrai nom de Charles étant Aznavourian) est-il plutôt d'origine turque ou géorgienne ? Son père est un arménien né en Géorgie d'après la bio. Et quid d'İskender ?
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