mardi 23 décembre 2008

lundi 15 décembre 2008

Thessalonique : les murs de la colère

Photos prises en mai dernier lors de mon excursion à Thessalonique. J'avais été frappé par le nombre de pochoirs anarchistes sur les murs. Quelques mois plus tard, la révolte qui s'exprimait en peinture est descendue dans la rue.

Sûrement un slogan anar ! Tous aux barricades.

Police futuriste.

En Grèce, on ne s'arrête pas à la commémoration de 68 ...

Amuse-toi, combat le système !

Consomme et meurt.

Local anarcho-punk-bar-squat-salle de concert dans l'Université de Thessalonique.

Les robots policiers n'ont rien pu faire contre les émeutiers.

jeudi 4 décembre 2008

Urbanisme : Istanbul l'anarchique hésite "entre Paris et Dubaï"


Quand tu ne peux pas aller à Istanbul, Istanbul vient à toi. C’était le cas jeudi soir dernier avec la conférence de Jean-François Pérouse à l’école d’architecture de Grenoble intitulée « Les grands enjeux de l’urbanisme contemporain à Istanbul ». Jean- François Pérouse est professeur à l’Université Galatasaray d’Istanbul et travaille pour l’Observatoire Urbain d’Istanbul.
De nombreux projets urbains sont en cours dont le tunnel ferroviaire Marmaray qui est déjà percé. En 2012, les trains devraient pouvoir circuler entre l’Europe et l’Asie. Avec l'échéance de Istanbul 2010, capitale européenne de la culture, un programme de "régénération urbaine" a été mis en oeuvre pour le meilleur : rénovation d'anciens bâtiments, prise en compte du risque sismique, reconversion des friches industrielles; et parfois le pire : construction de grands complexes immobiliers, destruction des espaces naturels, restauration à la truelle de certaines parties de la muraille d'Istanbul. Comme nous en informe Jean-François Pérouse, l'Unesco a rappelé à l'ordre la mairie d'Istanbul plusieurs fois depuis 2003 au sujet de sa politique patrimoniale, menaçant même de déclasser la ville du patrimoine mondial de l'humanité.
Au niveau global, la planification municipale, qui n'a pas été une grande réussite jusqu'à présent, veut doter la ville de deux nouveaux centres, un à l'Est (Kartal) et un à l'Ouest, officiellement pour prévenir le risque sismique, officieusement ça ferait bien plaisir aux entreprises de BTP amies de l'AKP. Le centre historique devrait se destiner à une vocation purement touristique, de ville-musée sur le modèle de Paris. Une ambition paradoxale puisque de nombreux bâtiments anciens sont toujours en train de tomber en ruine. Des programmes européens et internationaux financent des restaurations mais la mise en oeuvre n'est pas cohérente et les bâtiments restaurés ne sont pas entretenus.
En répondant à une question sur la juxtaposition de zones rénovées haut standard et de poches populaires en déliquescence dans le quartier de Beyoglu, Jean-François Pérouse explique qu'il s'agit d'une stratégie délibérée de la municipilité de "laisser pourrir" pour procéder à "une rénovation autoritaire" en expulsant les populations pauvres.

En s'inspirant de Dubaï, Istanbul veut devenir une "ville-monde", une optique apparemment contradictoire avec la précedente mais sur le fond elles sont avant tout complémentaires. De nouvelles tours gigantesques fleurissent (voir article ici), symboles d'une ville compétitive et attractive. Des immenses centres dédiés à la consommation se sont ouverts (Cevahir, Istinye Park). Les "gated communities" aux résidences formatées accueillent les nouveaux riches, des marinas se multiplient sur la côte (ci-dessus un projet de marina à Kartal). Un troisième pont sur le Bosphore est en préparation, de même qu'une trentaine de tunnels routiers, transformant la ville en un gigantesque gruyère.
Du prestige, du glamour, Istanbul se rêve la New York du troisième millénaire. Symbole d'une certaine "folie des grandeurs", la construction du circuit de Formule 1 d'Istanbul Park inauguré en 2005 (bien indiqué sur tous les panneaux de circulation des autoroutes de la rive asiatique) fonctionne quelques jours par ans le grand prix de Turquie. Pendant que les riches s'amusent à voir tourner des voitures en rond (les places assises les moins chères se monnayant à 160€ !), les questions urgentes de justice sociale et de "justice spaciale" restent lettre morte.
Et l'environnement, les espaces verts et l'air dans tout ça ? Une utopie ou la nostalgie d'un Istanbul révolu ?

samedi 29 novembre 2008

Kaléïdoscope psychédélique sur Ephèse


Photos d'Ephèse (site antique magistral) et Selçuk (ville voisine), pour voir une photo, cliquez dessus.Et pour que ça redémarre, de même !

mardi 18 novembre 2008

Amis de la poésie




Le poème "J'écoute Istanbul" de Orhan Veli (1914 - 1950)

J'écoute Istanbul, les yeux fermés

D'abord une brise légère doucement;

Tout doucement se balancent

Les feuilles sur les arbres dans le lointain,

Tout au loin

Les cloches obstinées des porteurs d'eau

J'écoute Istanbul, les yeux fermés

J'écoute Istanbul, les yeux fermés

Tandis que passent les oiseaux

Tout là-haut, par longues bandes criardes

Dans les pêcheries on tire les filets

Les pieds d'une femme baignent dans l'eau

J'écoute Istanbul, les yeux fermés

J'écoute Istanbul, les yeux fermés

Les voûtes du bazar sont fraîches, si fraîches

Mahmut Pacha est tout grouillant de monde

Les cours sont pleines de pigeons.

Des bruits de marteaux montent des docks

Dans le vent doux du printemps flottent des odeurs de sueur

J'écoute Istanbul, les yeux fermés

J'écoute Istanbul, les yeux fermés

Une yali aux sombres embarcadères

Dans sa tête, l'ivresse des plaisirs d'autrefois

Dans les ronflements des vents du sud apaisés

J'écoute Istanbul, les yeux fermés

J'écoute Istanbul, les yeux fermés

Une beauté marche sur le trottoir

Quolibets, chansons, ballades, moqueries

Quelque chose tombe de sa main

Ce doit être une rose

J'écoute Istanbul, les yeux fermés.

J'écoute Istanbul, les yeux fermés

Un oiseau bat des ailes autour de ta robe

Je sais si ton front est tiède ou frais

Si tes lèvres sont humides ou sèches, je sais

Une lune blanche se lève derrière les pins

Je perçois tout du battement de ton cœur

J'écoute Istanbul.

mercredi 12 novembre 2008

Batman VS Batman


Batman est une ville du sud-est de la Turquie d'environ 500 000 habitants, connue nationalement comme centre d'extraction de pétrole (un des seuls du pays) et siège du Hezbollah turc (mouvement islamiste anti-PKK). Une ville sans charme particulier qui est n'est pas mentionnée dans les guides touristiques. Et pourtant !

Agrandir le plan
Un sentiment d'isolement et d'oubli qui a dû pousser son maire Hüseyin Kalkan à tenter le tout pour le tout afin d'obtenir la reconnaissance. Après l'appui probable de grands conseillers en communication, il se mit à réfléchir à une idée de génie : attaquer le film Batman en justice. La presse s'est faite l'écho des turpitudes intellectuelles du maire de Batman qui reste droit dans ses bottes : "Ils gagnent de l'argent en utilisant notre nom. [...] Batman est notre nom." [haberic.com]

Réflexion faite, avec un peu de retard puisque les premiers Comics datent de 1939 et le premier film de 1989, il se demande toutefois s'il est plus judicieux d'attaquer en Turquie ou aux Etats-Unis.

Et le maire de Batman d'enfiler son costume de super-héros : "Nous voulons redistribuer l'argent, si nous gagnons le procès, nous utiliserons l'argent pour aider les citoyens de Batman et les enfants des rues" [timeturk.com]. Il rajoute tout de même qu'il faudrait de la "chance".

Une initiative originale en ces temps de crise où les finances publiques sont en berne, et si l'Etat super-héros prenait le pas sur l'Etat providence, mais c'est un peu la stratégie de notre président Sarkozy !

vendredi 7 novembre 2008

La révolution Vuvox


Vuvox est un nouvel outil révolutionnaire pour les blog et l'expression multimédia, il permet de lier sur une même interface de diaporama des illustrations, des textes, des documents, des vidéos, des sons, des graphismes. Je suis tombé sous le charme.
Pour mon enquête de fin d'études, je vais sûrement expérimenter de nouveau média patchwork. Mon sujet sera : "l'immigration clandestine à Istanbul". Résultat au printemps prochain.
Un petit exemple vite fait avec ce fantastique diaporama sur Ataturk.

samedi 1 novembre 2008

Ata est de retour

Mustafa Kemal Atatürk était de sortie mercredi dernier pour la fete nationale. Il a meme été aperçu au parlement turc.

jeudi 23 octobre 2008

Buzz vidéo : La faluche



Rien à voir avec la Turquie, simplement une petite vidéo faite entre amis pour le site internet . C'est même marrant. Nous aurions bien participé au festival du court-métrage d'Istanbul mais les délais sont dépassés pour cette année :-(.

dimanche 19 octobre 2008

Istanbul sur MediaPart !

Je viens de monter une édition participative sur Istanbul, pour changer. Je risque donc de publier des articles sérieux plutôt sur ce site (http://www.mediapart.fr/club/edition/istanbul-not-constantinople).

Voici le petit édito que j'ai mis en intro pour présenter l'esprit de l'édition :

Istanbul fait rêver. La Turquie accueille des millions de touristes occidentaux. Pourtant, à l'heure où elle est candidate à l'entrée dans l'Union Européenne, il semble que les vieilles images aient la vie dure. Istanbul n'est plus Constantinople depuis cinq siècles, c'est une mégalopole gigantesque aux mille et une facettes. A la fois moderne, traditionnelle, musulmane, laïque, turque et héritère d'une grande tradition cosmopolite, Istanbul brouille les pistes. Sans prétention, Istanbul (Not Constatinople) tentera d'esquisser les contours d'une ville et d'un pays en mutation. Anecdotes, analyses, reportages, photographies, ... Une édition à l'image d'Istanbul, hétéroclite.

Je recherche aussi des contributeurs de tous horizons possibles, qui se reconnaitraient dans la ligne éditorial, et qui aimeraient faire découvrir Istanbul.

dimanche 28 septembre 2008

Rentrée martiale pour Fenerbahçe


Après la perte du titre de champion l'année dernière, Fenerbahçe retrouve la discipline et l'art du salut. Similitude volontaire ou non avec certains régimes politiques heureusement disparus ??

mercredi 13 août 2008

Turquie, c'est bon pour le moral ?

Ci-dessous, commentaire soulagé et désabusé d'un blogueur, Tom, qui a couvert la Turquie et qui a été victime du syndrome qui atteint tout blogueur qui ne se contente pas de chroniquer les baklavas et les derviches tourneurs. Il s'agit d'une réaction allergisante au manque de modération, au nationalisme, aux tergiversations sans queue ni tête ou à l'esprit anti-constructif de certains (voire beaucoup) commentaires. Pour avoir un aperçu, faîtes une tour par les commentaires du blog du correspondant du monde (lien ci-contre). A prendre au second degré, ça en devient marrant ... si si.

Comme vous l'avez constaté, "chroniques de Beyoglu" est en sommeil, pour diverses raisons. En premier lieu un ras le bol persistant dû à des débats délirants en commentaire, sur des sujets sans aucun lien avec l'article commenté. L'impression de me battre contre des moulins, et surtout de ne pas bien savoir pourquoi puisque je ne suis pas Turc, pas Kurde, et que je ne vis plus en Turquie. Histoire de ne pas me pourrir la vie avec un sujet certes intéressant, mais assez peu gratifiant, je préfère changer d'horizons!

Tout va bien pour moi, j'ai totalement décroché de l'actualité turque et ça va, je n'ai pas les mains qui tremblent, je ne perds pas mes cheveux, la vie continue.

jeudi 31 juillet 2008

Mes articles et reportages publiés dans la presse :

Pour les personnes intéressées, il est possible de m'envoyer un mail si vous voulez recevoir la version PDF de certains articles : clemgirardot@hotmail.com.

Mashallah News, Beyrouth:
Cliquer ici pour consulter la liste de mes articles en anglais et français.

L'Equipe Magazine, Paris:
Grand reportage sur le KIBERA OLYMPIC BOXING CLUB , Kenya L'espoir au bout des poing, 11 décembre 2010. Diaporama sur lequipemag.fr.

Mediapart, Paris :

Bahadir, une jeunesse gay en Turquie, 27 décembre 2010.
Triste jour pour l'art turc, 22 septembre 2010.
Sivas : Les plaies du massacre des alévis de 1993 sont toujours ouvertes, 2 juillet 2010.
Rentrer à l'Université, le cauchemar et le rêve des jeunes turcs
, 24 avril 2010.
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Série Istanbul 2010 capitale européenne de la culture

Cinéma : un certain retour à la terre turque, Une, article et diaporama, 31 décembre 2009.
Ahmet Ümit : plongée littéraire au coeur de l'Etat, Une, article et diaporama, 1er janvier 2010.
Ces artistes contemporains qui exorcisent la Turquie, Une, article, diaporama, 2 janvier 2010.
Musique : Istanbul brouille les pistes, Une, article, diaporama, 3 janvier 2010.
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Les îles des Princes, le laboratoire d'Istanbul et de la Turquie, 14 janvier 2010.
Histoire du cinéma turc 1: des origines aux années 60, 21 juillet 2009.
Histoire du cinéma turc 2: des années 60 à nos jours, 22 août 2009.
Turquie-Europe: les mirages de l'asile
, 29 juin 2009.
Le parlement européen à Istanbul !, 29 mai 2009.
Les petites mains de la démocratie européenne, 23 mai 2009.
Turquie, réformer l'article 301, un entretien avec Erol Önderoglu, 11 juin 2008.
Clichés nocturnes, 5 juin 2008.
Privés de vidéo, You Tube censuré en Turquie, 7 mai 2008.
Considérations sur le cinéma en Turquie, 23 avril 2008.
Istanbul, l'autre ville de la French Touch, 18 avril 200 8.

Zaman France, Paris :
Erzurum : le tourisme des sports d'hiver, 8 juillet 2010.
D'Istanbul à Kars, l'Ekspres du peuple, 24 juin 2010.
Kayseri ou l’expérience d’un islam capitaliste, 27 mai 2010.

Le Courrier, Genève :
Printemps culturel kurde, 9 avril 2011. 

Cinéma turc, années érotiques, 25 février 2011.  Guerre des ondes en Somalie, 13 décembre 2010.
Le jeune cinéma turc pose ses valises Sainte-Croix, 18 juin 2010.
Mariage entre affaires et Islam, 16 avril 2010.
Istanbul brouille les pistes, 10 février 2010.
Turquie, le mirage de l'asile, 20 juin 2009.
Neuf bureaux de poste ont disparu depuis 2001, 19 août 2005.
Unia recourt à la vente forcée pour payer une vendeuse, 18 aout 2005.
Un rapport administratif met hors de cause deux policiers, 11 aout 2005.
La santé précaire des rivières genevoises,10 août 2005.

La Vie Protestante, Genève :
Etre chrétien en Ouganda, février 2011.

Grand entretien, Eliane Bouvier, fevrier 2011.

En Somalie, la radio est une arme aux mains du pouvoir, février 2011."Sorry!", un OVNI théâtral débarque à Carouge, septembre 2010.
L'oasis verte du plus grand bidonville d'Afrique, juillet/aout 2010.
Etre Chrétien au Kenya, juin 2010.
Etre chrétien en Turquie, mars 2010.
Le Mali apprivoise l'eau pour stopper le désert, novembre 2009.
Grèce, Turquie: le naufrage du droit d'asile, septembre 2009.

ECHO Magazine, Genève :
Reportage : Le ring pour sortir du bidonville, 3 février 2011.
La Somalie est sans voix, 25 novembre 2010.
La Turquie au rythme du train, 30 septembre 2010.
Kenya : Inscrire, ou non, l'islam dans la Constitution, 5 aout 2010.
Reportage : La dernière forêt tropicale du Kenya, 15 juillet 2010.

La Revue "Valériane", Namur :
Bio dans le monde / Kenya : le bio à l’africaine : Septembre/Octobre 2010.

Kaële Magazine, Annecy :
Istanbul 2010, la nouvelle capitale européenne de la culture, février 2010.

Les Antennes, Grenoble :

FAL, un trait d'union entre la France et l'Amérique Latine, Les Antennes N°12 p. 10, mai-juin 2009.

Pigemag, Grenoble :

"Escapade sonore à Lyon" et "From New York to Grenoble", Pigé Magazine p. 31, mai 2009
Royal Rebel (Vidéo), mars 2009.
Le Labo part en voyage avec Christophe Raylat, émission Le Labo sur Radio Campus Grenoble dont j'étais le rédacteur en chef, 26 janvier 2009.
Edito : L'« Ultra-gauche » et le spectre de l'anarchisme : tremble citoyen !, le 17 novembre 2008.
La saga de la Faluche # 3 : Faluchage rime-t-il avec bizutage ?, le 22 novembre 2008.
La saga de la faluche #2 - Les trois vies du faluchard (+VIDEO), le 22 octobre 2008.
La saga de la Faluche #1 – Kézako ?, 12 octobre 2008.
Exposure, chantier artistique (Vidéo), 3 octobre 2008.
Le Forum Libé en débat, 25 septembre 2008.


samedi 28 juin 2008

Dernières images de l'Euro


Haydi Türkiye tes supporters sont là !

Un supporter qui a le sourire.

On fait volontiers les malins devant les caméras.

Fièvre rouge sur la place de Taksim après le premier but de l'équipe turque.

Vente sauvage de maillots de l'équipe turque, à 10 YTL qui refuserait de rejoidre les kırmızı ve beyaz (rouge et blanc)?

mercredi 11 juin 2008

Réforme de l’article 301 : « L’essentiel n’a pas été changé ! », entretien avec Erol Önderoglu

Symbole des atteintes à la liberté d’expression en Turquie, le célèbre article 301 du code pénal turc a été révisé par le parlement turc le 29 avril dernier. Cet article qui punissait le dénigrement de « l’identité turque » avait été invoqué dans les poursuites judiciaires contre le prix Nobel de littérature Orhan Pamuk et le journaliste arménien Hrant Dink, assassiné en janvier 2007. En France nous avons surtout connaissance de ces cas médiatiques.
D’après le ministre de la justice Mehmet Ali Şahin, interrogé devant le parlement sur cette question, ce sont 6075 individus qui ont été inculpés depuis cinq ans au titre de l’article 301 et de son ancêtre l’article 159, 745 ont été condamnés.L’article 301 fait parti du nouveau code pénal turc voté en 2005 pour satisfaire aux exigences de l’Union Européenne. L’ancien code pénal qui incluait le déjà très contesté article 159 avait été adopté en 1926 aux débuts de la République (proclamation en 1923) et s’inspirait très fortement du code pénal fasciste italien. Face aux critiques persistantes des défenseurs des droits de l’Homme mais surtout dans le cadre des négociations d’adhésion à l’Union Européenne, le gouvernement AKP (Parti de la Justice et du Développement) de Recep Tayyip Erdoğan a décidé de procéder un toilettage de cet article.

Voici les changements, en gras dans le nouvel article :
Article 301 du 1er juin 2005 [traduction Amnesty International]:

# Le dénigrement public de l’identité turque, de la République ou de la Grande Assemblée nationale turque sera puni de six mois à trois ans d’emprisonnement.

# Le dénigrement public du gouvernement de la République de Turquie, des institutions judiciaires de l’Etat, des structures militaires ou sécuritaires, sera puni de six mois à deux ans d’emprisonnement.

# Dans les cas où le dénigrement de l’identité turque sera commis par un citoyen turc dans un autre pays, la peine sera accrue d’un tiers.

#L’expression d’une pensée à visée critique ne constitue pas un délit.



Nouveau article 301 du 29 avril 2008 :

# Le dénigrement public de la nation turque, de l’Etat de la République Turque ou de la Grande Assemblée Nationale Turque et des institutions juridiques de l’Etat sera puni de six mois à deux ans d’emprisonnement.

# Le dénigrement de l’armée et des organisations de police de l’Etat recevra la même peine.

# L’expression d’une pensée à visée critique ne constitue pas un délit.

# Les inculpations au nom de cet article doivent recevoir l’approbation du ministre de la Justice.


Quelques semaines après son adoption, il est possible de porter un premier jugement sur la réforme et son application, à savoir si une plus large liberté d’expression est garantie ou si la situation reste inchangée. À ce sujet se tenait une conférence vendredi dernier, organisée par la fondation Heinrich Böll Stiftung proche du parti Vert allemand, avec des intervenants allemands et turcs dont Erol Önderoglu. Ce dernier est responsable éditorial des questions relatives à la liberté d’expression sur le site d’information indépendant Bianet et correspondant de Reporters Sans Frontières en Turquie. Il a eu l’amabilité d’accorder pour Mediapart un entretien sur l’article 301 et d’autres questions relatives à la liberté d’expression en Turquie.


Clément Girardot : La récente réforme de l’article 301 du code pénal a-t-elle changé la nature de cet article ?

Erol Önderoglu : Non. L’article 301 était une disposition que les journalistes et les défenseurs des droits de l’Homme avaient bien repérée même avant la réforme [en 2005,ndrl.]. On a tellement bien parlé de la réforme de cet article 301 que l’on n’a pas vraiment mis en cause tout le reste de l’arsenal du code pénal. On parle maintenant de plus de vingt articles qui entravent le travail des journalistes et des opposants.

Pour l’article 301, l’essentiel n’a pas été changé puisqu’on prévoit toujours de la prison pour ceux qui s’expriment librement sur le mauvais fonctionnement des organes de l’Etat, ceux qui mettent en cause les pratiques et les exactions du passé, tous ceux qui critiquent la main mise de la mentalité turque sur toute la société.

Mais c’est plutôt un problème de pratique de la justice. À l’écrit cela peut paraître tout à fait normal pour un occidental qui compare les textes de son pays à ceux de la Turquie. Je souligne que le problème est dû en grande partie à l’application de ces articles par la justice turque.


C.G. : Beaucoup d’observateurs ont eu l’impression que le gouvernement a joué sur les mots avec cet article, en remplaçant « identité turque » par « peuple turc ». Comment cet article est appliqué maintenant ?

E.O. : Concernant l’article 301, depuis sa mise en pratique le premier juin 2005, les magistrats l’appliquaient toujours avec comme qualification « le peuple turc ». Ce qui veut dire que l’amendement du 29 avril ne va rien changer en ce qui concerne les chefs d’accusations portés sur l’identité turque. C’était la jurisprudence de la cour de cassation. Par contre on voit là que pour satisfaire les représentants de l’Union Européenne, pour satisfaire les attentes de l’opinion publique internationale, on a réduit la peine maximale que prévoit cet article de trois ans de prison à deux ans de prison.

Qu’est-ce qui va changer ? La conséquence sera que les accusés vont être jugés non pas devant des tribunaux correctionnels mais devant des tribunaux de police. C’est-à-dire, même en cas de condamnation maximale, les peines vont se voir réduites et commuées en sursis. Il y aura plus de mécanismes entre les mains du juge pour qu’un accusé n’aille pas en prison tout en étant condamné. Deuxièmement, ce qui me paraît encore plus important : les accusés vont avoir du mal à faire écho de leur situation médiatiquement parce que les journalistes de la presse nationale et internationale ne vont pas voir grand-chose dans cette affaire puisque l’accusé n’ira pas en prison.


C.G. : Est-ce que le filtre du ministère de la justice va atténuer l’application ?

E.Ö. : Là, j’évaluerais bien la situation dans laquelle se trouve la justice turque parce qu’il y a des articles exceptionnels qui font que le procureur doit demander l’autorisation du ministère de la justice pour poursuivre les prévenus, c’était le cas de l’article 299 pour insulte au président de la république. Mais avec cet article 301 cela me paraît totalement un échec pour la justice turque.


C.G. : Il n’y a pas de séparation entre le pouvoir judiciaire et le pouvoir exécutif.

E.Ö. : Il n’y a pas de séparation et en même temps cela révèle l’échec de la pratique de la justice. On crée un climat totalement politique. Depuis ces cinq dernières années, le ministre de la justice Mehmet Ali Şahin a dit qu’il y avait eu 6075 personnes poursuivies en vertu de l’article 159 et de l’article 301. Nous on parle des intellectuels, de 150 personnes poursuivies mais on voit que c’est plutôt les gens de la rue qui en ont été victimes pendant cette période. 6075 personnes et on parle d’une quinzaine d’enfants. Et imagine que maintenant pour une poursuite d’enfants ce sera le ministre de la justice qui va dire si cet enfant pourra être poursuivi en vertu de l’article 301. C’est caricatural !


C.G. : Comment concrètement une personne dans sa vie quotidienne peut être poursuivie au nom de l’article 301 ?

E.Ö. : En fait, le problème c’est que l’on met dans le même lot une recherche scientifique, un article d’intellectuel, et une simple insulte dans la rue. Par exemple lorsqu’ils appliquent l’article 301 il faut que l’insulte soit en lien avec la pratique du fonctionnaire. Si c’est une insulte individuelle, de toute façon il y a des poursuites en dommages et intérêts, etc.. Il y a la prison aussi pour insulte dans le code pénal. Mais lorsqu’il y a insulte dans le cadre de l’exercice du fonctionnaire d’Etat ou insulte contre l’institution de l’Etat même, c’est-à-dire le parlement, l’armée, la police, la personne morale du parlement, de la République, de l’identité turque. C’est à ce moment là qu’ils appliquent l’article 301. Par exemple dire : « Quelle justice de merde ! ».


C.G. : Vous avez reporté récemment sur votre site internet le cas d’une personne dans les transports en commun …

E.Ö. : C’est quelqu’un dans un bus de transports en commun, derrière ou devant il y a un policier en civil qui écoute la conversation, qui intervient et qui porte plainte après parce que il y aurait insulte à la police, il y aurait insulte au gouvernement etc. Donc c’est une enquête qui est en cours. Dans ces dix derniers jours on a eu quatre cinq cas comme ça d’investigation en vertu de cet article.

C.G. : Cet article étant hérité du code pénal fasciste, pourquoi semble-t-il aussi dur au XXIème siècle de l’abroger et d’où viennent les résistances ? De l’Etat lui-même ? De « l’Etat profond » ?

E.Ö : Je ne sais pas si l’Etat est beaucoup plus profond ici qu’ailleurs. Concernant l’article 301 ont sait très bien que les forces de sécurité de l’Etat résistent pour que les chefs d’accusation les concernant dans cet article persistent. Le nouveau code pénal turc, on l’a proposé et on l’a voté dans une période de huit mois. Tout le code pénal, il s’agit de 500 articles de lois qui concernent toute la société. Les journalistes, les opposants, les syndicats, les associations professionnelles ou les défenseurs des droits de l’Homme n’ont pratiquement pas été écoutés. Tout cela pourquoi ? Parce que le nouveau code pénal n’est pas fait pour nous, il est fait pour les 70 millions d’habitants et tant que leur mentalité ne changera pas, tant que l’Etat restera tel qu’il est, on n’aura pas besoin d’amender le code pénal de Mussolini.


C.G. : L’abrogation de cet article semble plutôt être la préoccupation de l’Union Européenne et pas de la population locale ?

E.Ö. : En fait la population elle-même ne se voit pas victime. Certes, ces cinq dernières années on a parlé de plus de 6000 cas mais la population pour l’essentiel n’a pas eu accès à ce débat. On parle de l’article 301 sur des sites spécialisés, à travers un certain nombre de médias vraiment limités. La population elle ne sentirait rien non plus si on abrogeait l’article 301 vu qu’il y a d’autres dispositions qui peuvent être applicables. Il y a l’article 125 du code pénal qui réprime l’insulte, on a l’article 267 qui sanctionne la calomnie, la diffamation, etc..


C.G. : Il y a aussi la loi sur l’insulte à Atatürk qui a été utilisée pour interdire You Tube …

E.Ö : Interdire You Tube, sanctionner jusqu’à quatre ans et demi de prison des intellectuels. Cette loi que l’on qualifie d’atteinte à la mémoire d’Atatürk, c’est une loi qui ne fait pas partie du code pénal turc, c’est une loi totalement à part. Ce qui est surprenant c’est que lors des réformes pour l’Union Européenne, on n’a pas du tout parlé de cette loi et pour moi c’est une loi mémorielle comme la loi qui a été votée en France. Elle réprime tous ceux qui veulent mettre en cause des pratiques du passé, de la période d’Atatürk.


C.G. : Quelle est la position de l’AKP sur ces sujets de liberté d’expression ? Ont-ils un double jeu, d’un côté faire plaisir à l’Europe mais surtout ne pas trop en faire ?

E.Ö. : Cela me paraît une position hypocrite de la part de l’AKP parce que lorsqu’il fallait vraiment voir que l’article 301 et cette vingtaine d’articles du code pénal turc causaient de grands dégâts et il était possible de le voir avant que le journaliste arménien Hrant Dink se fasse assassiner, l’AKP ne voyait pas de mal à garder cet article de loi parce qu’il ne voulait pas frustrer les masses nationalistes pendant une période pré-électorale. Et tant que les magistrats ne font pas usage de cet article contre la masse islamiste ou la masse conservatrice ça peut aller. C’est doublement hypocrite.


C.G. : Pensez-vous que l’article 301 puisse être prochainement abrogé ?

E.Ö. : Non je ne pense pas que l’article 301 sera abrogé. Cela serait un échec total pour la politique de l’AKP. Ce serait pour le gouvernement se mettre en difficulté par rapport à ses relations avec l’armée et les organes essentiels de l’Etat. Cela donnerait un mauvais message aussi pour les partis d’opposition qui ont soutenu l’AKP dans cette résistance.


C.G. : Finalement, aucun parti ne soutient réellement une telle réforme ?

E.Ö. : Il y a seulement le parti pro-kurde, le Parti de la Société Démocratique (DTP), il y a quelques députés indépendant comme Ufuk Uras qui est devenu le député du Parti de la Liberté et de la Collaboration (ÖDP). Ils sont très très peu à soutenir une telle réforme.

dimanche 8 juin 2008

Ambiance, ambiance foot !

Turquie Portugal
Vidéo envoyée par lebainturc

C'était un peu la soupe à la grimace hier soir après la défaite. De toute façon personne ne semblait vraiment y croire dans le café turc traditionnel où j'ai passé la soirée. Personne n'a chanté l'hymne national. J'étais pourtant en compagnie de vrais machos turcs mais malgré quelques jurons (küfür) de rigueur, le coeur n'y était pas. Même généralement, peu de drapeaux ou de t-shirts de l'équipe. Allez les amis tout n'est pas encore fini, il reste deux matchs. Türkiye uyan ! (Turquie réveille-toi !)

samedi 7 juin 2008

Euro Foot : Que dit İDDAA ?


IDDAA est une institution en Turquie, c'est le nom du loto foot local et bien plus encore. Il recueille chaque jour des millions de paris. Encore plus populaire que le loto normal, IDDAA permet de jouer avec presque tous les championnats du monde. Les turcs aiment parier avec les petites ligues étrangères, même de deuxième ou troisième division car les cotes sont plus importantes. J'ai été plusieurs fois surpris lorsque je disais que je venais de Grenoble et que l'on me répondait qu'il y avait une équipe en deuxième division française !
Tous les championnats européens étant achevés, les parieurs se sont tous focalisés sur l'évènement footballistique de l'année (après la victoire de Galatasaray en championnat) : la coupe d'Europe de football pour laquelle l'équipe nationale s'est qualifiée avec difficultés. D'ailleurs, derrière un chauvinisme permanent au moins égal à celui des français, les turcs semblent douter un peu des chances de leur équipe si l'on en croit un sondage (6546 votes) en ligne sur le site d'IDDAA. Près de 30 % des participants pensent que la Turquie ne sortira pas des poules, 23 % qu'elle arrivera en quart et tout de même 29 % qu'elle atteindra la finale, dont 16 % pour la victoire.
À quelques heures du coup d'envoi de la compétition et du très attendu Turquie-Portugal de ce soir, voici les pronostics des parieurs turcs, sans réelles surprises à vrai dire. Entre parenthèses les cotes.

Qui sera champion d'Europe ?
1 Allemagne (4,5)
2 Italie, Espagne et France (7,5)
5 Portugal (9)
...
Turquie (20)
La plus mauvaise cote revient à l'Autriche (60).

Quelles seront les équipes qulifiées en phase finale ?
Groupe A
Portugal (1,2) et République Tchèque (1,6).
Assez surprenamment, la Turquie (2,5) a même une moins bonne cote que la Suisse (2).

Groupe B
Allemagne (1,05) et Croatie (1,35).

Groupe C
Italie (1,3) et France (1,4).

Groupe D
Espagne (1,1) et Russie (2).

lundi 2 juin 2008

Pour la paix


Photo : bianet.

Rassemblement organisé hier à Kadıköy par l'assemblée de la paix (bariş meclisi). Le mot d'ordre était : "Nous voulons une solution démocratique au problème kurde, nous ne voulons plus de morts mais une solution". Espérons que le message des manifestants sera entendu par l'armée et le gouvernement.
Article sur bianet.

mardi 27 mai 2008

Le jeu des sept erreurs


La Liberté guidant le peuple, Eugène Delacroix, 1830.



İnkılap yolunda (Sur la voie de la révolution), Zeki Faik İzer, 1933.

vendredi 23 mai 2008

L'insoutenable légèreté du Routard


Ce qui est fascinant avec des guides touristiques comme Le Routard, c'est la visée totalisante qu'ils portent sur chaque pays en quelques centaines de pages. Il proposent des éléments de connaissance (pas trop non plus) dans tous les domaines possibles et imaginables (cf. chapitre Généralités: où Droits de l'Homme côtoie Narghilé, Harem ou Femmes et Sexualité), un vrai prêt-à-penser pour le touriste de passage. Je passerai sur la prétention de répertorier tous les sites qu'il faut visiter ou de dicter ce qui est beau pour en venir au point central : il arrive que les guides se trompent et commettent des erreurs factuelles impardonnables et graves pour celui qui les croit.
Mieux que de long discours: l'exemple de la couverture du coup d'Etat de 1980 qui comme par magie (même la propagande de l'armée turque ne doit pas être aussi grossière) incarnerait le triomphe de la démocratie et de l'Etat de droit. A moins que je ne sache pas lire. A vous de juger.
Routard Turquie 2006-2007 p.74 :
" En 1980, l'armée reprend le pouvoir. Fait exceptionnel dans l'histoire, l'armée turque s'arroge le pouvoir quand les civils n'arrivent pas à faire respecter l'ordre. Dès que le risque de guerre civile est écarté, l'armée organise ... des élections! Ainsi, en 1983, les partis politiques sont à nouveau autorisés."
Et que fait l'armée pour faire respecter l'ordre avant d'"organiser des élections" (élections=démocratie ??, il y a aussi des élections dans la plupart des dictatures), une petite répression sans conséquences qu'il n'est surtout pas utile de mentionner car ça prendrait trop de place. L'historien Hamit Bozarslan dresse ainsi le bilan de trois ans de pouvoir militaire :
" Une cinquantaine de militants, pour l'essentiel de gauche, furent exécutés (le plus jeune n'étant pas majeur). Plus de 400 militants de gauche furent abattus, torturés à mort et portés disparus. Plus de 650 000 personnes furent placés en garde à vue, 85 000 emprisonnées souvent pour de longues périodes. (..) Des milliers d'intellectuels et de journalistes partagèrent l'expérience carcérale. Les universités furent purgées ...". La liste pourrait continuer longtemps, moeurs, économie, éducation, institutions, tous les secteurs de la société furent profondément affectés par le régime militaire.
Source: Bozarslan Hamit, Histoire de la Turquie contemporaine,Paris, La Découverte, Repères, 2007, p. 66.

lundi 19 mai 2008

Türk Polisi çok teşekkürler !



Alors que je prenais en photo ces deux superbes affiches à la gloire de la police (« Istanbul est une ville sûre, je remercie la police turque » pour la première et « Si je n’étais pas devenu footballeur, je serais devenu policier pour lutter contre le hooliganisme » pour l’autre) voilà que deux policiers que je n’avais pas vu m’abordent. En effet, je n’avais pas remarqué que ces magnifiques photos ornaient l’enceinte de la préfecture de police, bâtiment hautement stratégique (au demeurant super laid) qu’il est interdit de photographier. Ils me demandent ce que je fais là, je leur dis que je prends en photo les photos. Ils me rappellent que c’est interdit et me demandent pourquoi je prends ces photos. « Parce que ce sont des footballeurs célèbres », j’improvise en urgence car je ne pense pas qu’ils auraient apprécié que je leur lance: « Pour l’amour de la propagande absurde ! ».
Ils demandent à voir mes clichés, je leur montre et constatant que je n’ai pris que les affiches, ils me laissent la vie sauve. Il faut dire que comme à l'accoutumé ils portent en bandoulière une mitraillette et ont constamment le doigt sur la gâchette. Puis ils engagent la conversation, depuis quand es-tu en Turquie ? … Ils me félicitent pour mon niveau de turc. Je leur demande où est la station de métro et ils m’accompagnent jusqu’au croisement. En chemin, il me posent d’autres questions. En apprenant que je suis français, un policier me répond qu’il a des amis en France. Il les a rencontré sur internet, Damien et Clarisse et ils discutent en anglais. Ils m’indiquent une dernière fois la route et me saluent. De vrais gentlemen.
Ben de Türk Polisi tesekkür ediyorum.
Et puisque cette journée devait être marquée du sceaux de la sécurité, je ne fus pas au bout de mes surprises en rencontrant un jeune apprenti officier dans le Métro. Il pensait que j’étais turc et que je venais d’Izmir en voyant mon journal turc. Il a 14 ans et étudie au lycée militaire d’Üsküdar, il se prépare à devenir un officier de l’armée de terre en rejoignant auparavant l’université militaire. Quand je lui demande pourquoi il veut devenir militaire, il me répond en anglais (il me dit aussi que l’anglais est la matière la plus importante à l’école militaire) que les officier sont des « strong man » mais je n’en saurai guère plus. Malgré son jeune âge, il accepte la discipline qu’il faut observer pour suivre une telle formation et trouve même cela positif. Son prénom est Iskender (Alexandre) et son nom Aznavur. Je lui dis qu’un chanteur français très célèbre, Charles Aznavur, a le même nom et après quelques hésitations je lui demande aussi s’il est d’origine arménienne. Il me répond qu’il ne sait pas mais que c’est intéressant parce que c’est la première fois qu’on le lui apprenais. Après quelques recherches sur internet, je trouve que le mot aznavur signifie "homme fort" (quelle prédestination) en turc, mais aussi j'ai trouvé "géorgien" comme traduction. Le mystère reste entier sur l'origine du nom, peut-être le nom d'Aznavour (le vrai nom de Charles étant Aznavourian) est-il plutôt d'origine turque ou géorgienne ? Son père est un arménien né en Géorgie d'après la bio. Et quid d'İskender ?

dimanche 11 mai 2008

C'est ici que vit le jour GAZI MUSTAFA KEMAL ...



J'étais en voyage à Salonique en Grèce la semaine dernière et je ne pouvais donc rater sous aucun prétexte la visite de la maison natale de Mustafa Kemal Atatürk (1881-1938) que je n'ai plus besoin de présenter.
Donc, c'est par une belle journée de mai 1881 que le petit Mustafa (il n'avait pas encore de patronyme car c'est lui même qui va l'imposer aux turcs en 1934), fils de Ali Riza Enfendi et de Zübeyde Hanim, voit le jour dans sa belle maison ottomane de Salonique, alors grande métropole de l'Empire Ottoman.
Il n'habite dans cette maison réellement que sept ans jusqu'à la mort de son père mais reste à Salonique jusqu'en 1896, date à laquelle il rejoint le lycée militaire de Monastir avant de connaître la carrière d'officier que nous savons (n'est-ce pas?).
La maison est assez sobre et d'architecture traditionnelle ottomane, avec des poutres en bois et un crépis rose. Elle est située dans l'enceinte du consulat turc ou plûtot le consulat turc a été construit à côté de la maison d'Atatürk qui a été donnée à la Turquie par la mairie de Salonique en 1933.
Maintenant elle fait office de musée Atatürk où le pélerin peut se recueillir devant de nombreuses photos ainsi que des reliques "en provenance directe d'Ankara" nous a certifié le guide. Malheureusement, les meubles ne sont pas d'époque.J'ai pu faire la visite en compagnie de quelques touristes turcs de passage qui n'ont pas manqué de mitrailler la maison dans ses moindres recoins. J'en ai fait de même !

Sa tenue de soirée. Beau gosse !


Tong, casquette, chapelets et canne.


Photos de jeunesse, pas mal le déguisement de carnaval !


Les toilettes à la turca !

Page de la maison d'Atatürk sur le site du ministère de tourisme.

mercredi 7 mai 2008

Nuages de mai


1er Mai, le chemin de la guerre.


Mai 2008, la lutte continue !


40 ans après, ici aussi on célèbre 68.


Deniz Gezmis, le martyr révolutionnaire turc.

Quand il y en a marre il y a malabar !



You Tube est à nouveau bloqué ! Depuis hier et en vertu de la décision du tribunal d'Ankara du 24 avril dernier, j'ai le plaisir de voir apparaître pour la troisième fois en moins d'un an "BU SİTEYE ERİŞİM ENGELLENMİŞTİR" (ce site est impossible d'accès) sur la page d'accueil du site de partage de vidéos.
Après septembre et mars dernier, la récente décision de bloquage invoque toujours, la même loi n°5816 datant de 1951 et punissant les atteintes à la mémoire d'Atatürk.
Je ne vais pas me lancer dans un cours d'Histoire sur Atatürk mais pour ceux qui ont besoin de quelques rappels : vainqueur de la guerre d'indépendance contre les puissances occupantes (dont la France) qui a suivi la première guerre mondiale, fondateur de la République Turque en 1923, président de cette même République (ce qui ne veut pas dire que la Turquie était alors une démocratie) jusqu'à sa mort en 1938. Son image est encore partout, sa mémoire et ses paroles sanctifées, mais avant tout son nom est sans cesse instrumentalisé politiquement.
Cette loi, héritage d'un régime autoritaire fondé sur le culte du chef, se révèle particulièrement absurde au 21ème siècle. Dans le cas de You Tube, les vidéos incriminées proviennent la plupart du temps de l'étranger (des milieux nationalistes grecs, c'est de bonne guerre!) et sont très stupides : il y a eu notamment l'exemple d'une vidéo insultuant Ataturk et les turcs d'"homosexuels". En raison de l'existence de telles vidéos, un procureur zélé décide de lancer une procédure et ainsi de suite. A l'heure d'internet, ce type de vidéos existera toujours, l'interdiction pure et simple de tout le site est disproportionnée et représente une atteinte à la liberté d'expression.
La Jamestown fondation rapporte des commentaires ironiques du professeur Mustafa Akgul de l'université Bilkent: "Qui punissons-nous en empêchant l'accès à YouTube? [...] Il y a des milliers de livres dans la bibliothèque du parlement insulant la Turquie et Ataturk. Allons-nous aussi empêcher les turcs d'aller là-bas?".
Plus largement, ce sont de nombreux sites internet qui sont interdits encore en Turquie. Malgré les efforts entrepris dans le cadre des négociations d'adhésion à l'Union Européenne, plusieurs lois enfreignent toujours fortement la liberté d'expression dont le fameux article 301 du code pénal qui a été toiletté la semaine dernière par le parlement. Jadis il s'agissait de punir d'un maximum de trois ans de prison les atteintes à l'"identité turque" (türklük) et à la "République", désormais il touchera les insultes à la "nation turque" et à l'"Etat de la République de Turquie" pour deux ans d'incarcération au plus.
D'aucun ne dira que l'AKP qui a passé cet amendement ne joue sur les mots ! Et par quoi pourrait-on remplacer Atatürk ?

mardi 29 avril 2008

1er Mai , le grand matin


Dans deux jours, comme dans le reste du monde, c'est en Turquie aussi la fête du travail. Sauf que le jour n'est pas férié et que la manifestation prévue par les organisations de gauche a été interdite. Comme chaque année elle devait se dérouler à la place Taksim. Comme chaque année les militants vont venir en nombre et la police réprimera avec générosité. Encore plus que dans n'importe quel pays, le 1er mai est devenu ici le jour symbolique de toutes les luttes de la gauche depuis ce jour de mai 1977. C'est un fait caché de l'Histoire turque aussi bien dans l'histoire officielle du pays que dans les travaux étrangers pour le grand public. Donc, en ce jour du Premier mai 1977, 36 personnes (d'après Wikipedia) sont mortes. Au départ, des tireurs isolés (dont l'identité est toujours mystérieuse trente ans aprés) cachés sur les batiments alentours ont tiré sur la foule et ont voulu assassiner le leader du plus grand syndicat truc. Dans la vague de panique qui s'ensuit, de trés nombreuses autres personnes sont tuées par les forces de police, notamment écrasées par des véhicules. Depuis, chaque premier mai et notamment l'année dernière à l'occasion du 30ème anniversaire, les organisations de gauche (pas la parti kémaliste CHP bien entendu) viennent défier le pouvoir qui a toujours interdit les manifestations commémoratives à Taksim (les supporters de foot, les nationalistes, les policiers pour la fête de la police ont pourtant le droit de se regrouper sur cette place).

La vidéo ci-dessus montre des images d'archives intéressantes même si je n'ai pas compris le contenu des commentaires.

dimanche 27 avril 2008

Istanbul en chansons

Dans son édition du mois d'avril, le magazine culturel turc Roll a publié une liste de quinze chansons d'hier et d'aujourd'hui sur Istanbul en oubliant sciemment ou non (???) l'infâme "Istanbul c'est contantinople ... " pour lui préférer Istanbul'un kizlari (les filles d'Istanbul) du même Dario Moreno qui soit dit en passant était un juif originaire d'Izmir.
LES CHANSONS D'ISTANBUL
The breeders - Istanbul
Dario Moreno - Istanbul'un kizlari
Duman - Istanbul

Eartha Kitt - Uska dara Oh! Those Turks

Elbow - Hotel Istanbul
Emel Sayin - Kiz Sen Istanbul'un neresindensin

The four lads - Istanbul (Not Constantinople)[reprise de la chanson de Dario Moreno].

Grup Baran - Bekle Bizi Istanbul
La même chanson interprêtée par Edip Akbayram.

Kurtulus - Istanbul sokaklari

Marc Almond - She took my soul in istanbul

Mazhar Fuat Özkan - Bu sabah yagmur var Istanbul'da

Melike Demirdag - Istanbul'da olmak
Pamela - Istanbul

Sezen Aksu - Istanbul Istanbul Olali

Tom Waits - Telephone call from Istanbul

mercredi 23 avril 2008

Festival en contre-plongée


Le festival vient de se terminer, quinzes jours de folie cinématographique, 200 films, des dizaines de réalisateurs de tous les continents, des milliers de spéctateurs et ... C'est là que le bas blesse, et rien, retour à la normale : c'est-à-dire un gloubiboulga de blockbusters américains et de films populaires turcs. Il ne semble pas y avoir de place pour les autres cinémas le reste de l'année. Pourquoi ?
J'ai posé quelques questions à ce sujet à Nicolas Monceau (enseignant-chercheur à l'IEPG, ancien enseignant à l'Université Galatasaray et collaborateur du "Monde" enTurquie), spécialiste du cinéma turc.

_Comme vous l'aviez déjà constaté il y a dix ans, il existe réellement une dichotomie entre la programmation variée et pointue du festival et l'omniprésence des films américains commerciaux le reste de l'année. Cela est-il dû au système de distribution turc ?

Pour l’essentiel oui. Les grandes majors de distribution américaines – Warner Bros, UIP – se sont implantées en Turquie il y a une vingtaine d’années et elles distribuent de nombreux films hollywoodiens. Pour ces dernières, la Turquie est un marché important. On voit beaucoup plus de films hollywoodiens distribués en Turquie qu’en France par exemple. Cela s’explique aussi par les résultats du box office cinématographique en Turquie, où les « blockbusters » hollywoodiens dominent très largement.

_Depuis dix ans, la situation du cinéma turc a beaucoup changé, ce sont maintenant 60 à 70 films qui sont produits chaque année et qui rencontrent un public très large, comment analysez-vous cette embellie ?

On peut effectivement parler d’un renouveau du cinéma turc depuis une quinzaine d’années. Sur le plan artistique, cela se traduit par une reconnaissance plus importante de films d’auteurs turcs dans les grands festivals internationaux de cinéma, comme Cannes, Berlin ou Venise. Une nouvelle génération de cinéastes turcs a émergé depuis une quinzaine d’années, qui rencontre un succès sur le plan international. Parmi ces derniers, on peut citer Nuri Bilge Ceylan, et son film Uzak qui a remporté le Grand prix du Festival de Cannes en 2003, Zeki Demirkubuz ou encore Yesim Ustaoglu et Dervis Zaim. Parallèlement, le cinéma commercial et populaire s’est fortement professionnalisé. Les « blockbusters » turcs d’aujourd’hui, nettement plus maîtrisés sur le plan scénaristique et technique, peuvent rivaliser avec les blockbusters hollywoodiens. Un signe parmi d’autres : ils sont diffusés plus largement à l’étranger, comme le film VizonTele Tuba qui a même confiné au phénomène social en France. Ce regain de vigueur du cinéma populaire turc s’explique aussi par l’importance du star system qui s’est développé avec la télévision privée depuis le début des années 1990. Les grands succès populaires turcs, pour l’essentiel des comédies, attirent désormais le public avec des vedettes du petit écran, qui sont des comiques type one-man-show ou présentateurs d’émissions de divertissement. On peut penser à Dany Boon ou à Arthur en France. Par ailleurs, le cinéma commercial turc demeure toujours très populaire à la télévision, où une chaîne lui est même dédiée.

_Il n'existe pas réellement de salle de cinéma d'art et d'essai, mais existerait-t'il un public régulier pour ce type de cinéma ?

Il existe des salles de cinéma soutenues par le fonds Eurimages du Conseil de l’Europe, dont la Turquie est membre depuis 1990. Il y en a six en Turquie, dont cinq à Istanbul. Ce fonds soutient la production, mais aussi la distribution des films européens. Les salles qui bénéficient du soutien de ce fonds doivent programmer une part non négligeable de films turcs et européens d’auteurs. Par rapport aux entrées des films hollywoodiens au box-office turc, le public demeure en effet assez marginal. Certaines études montrent que le public du cinéma en Turquie est très majoritairement jeune.

_Pourtant, les billets pour le festival s'arrachent en peu de temps. Y-a-t'il un phénomène de distinction sociale et culturelle autour de la consommation d'évènements prestigieux comme le festival ou la biennale ?

Oui, le Festival international du film est l’un des grands « événements » culturels de l’année à Istanbul, et il attire un large public qui ne va pas forcément au cinéma en dehors. Parallèlement, c’est la seule manifestation d’envergure à Istanbul qui permette de voir des films étrangers de qualité, qui ont été présentés récemment dans les grands festivals de cinéma comme Cannes ou Venise, et des œuvres anciennes qui ne sont jamais diffusés en salles. Le Festival, lancé en 1982, a pris le relais de la Cinémathèque d’Istanbul, active de 1965 à 1980. Les mêmes personnes sont à l’origine de deux structures. La différence du Festival, c’est qu’il dure sur une période de quinze jours par an.


_Les films turcs d'auteur, tels ceux de Nuri Bilge Ceylan connaissant un certain succès dans les festivals et à l'étranger, cependant ils ne remplissent pas les salles turques, pourquoi ?

La fréquentation des films d’auteurs turcs est effectivement très faible par rapport aux films hollywoodiens en Turquie. Cela s’explique en partie par les pratiques culturelles du public turc, pour qui le cinéma relève avant tout d’un divertissement consommé sur le modèle américain. La cinéphilie, très présente dans les années 1960 avec des revues spécialisées du type Cahiers des cinéma, a quasiment disparu en Turquie. Par ailleurs, les billets de cinéma on un coût relativement élevé en Turquie par rapport au pouvoir d’achat du public. Enfin, les spectateurs savent que les films turcs seront diffusés à la télévision quelques mois seulement après leur sortie en salles.

mardi 22 avril 2008

Nouveau blog


Encore un nouveau blog ! Cette fois-ci ce n'est pas pour une question de censure mais d'opportunité. Il y a quelques semaines, un journaliste du nouveau site d'information en ligne Mediapart avait contacté notre professeur français à l'université de Galatasaray M. Bourse pour trouver des volontaires afin d'animer un blog sur la Turquie. Ce site expérimente un nouveau modèle pour internet, à savoir qu'il ne dispose pas de version papier et est payant, sauf l'accès aux blogs. Son créateur est l'ancien rédacteur en chef du Monde Edwy Plenel, qui s'est lancé le défi de faire vivre le journalisme indépendant sur internet. L'avenir nous dira si ce modèle peut être viable, espérons-le.
Quand à mon blog, sur ce site, je ne suis pas tout seul mais avec ma camarade Lola qui a elle aussi un blog perso. Je ne pense pas écrire des articles très différents pour ce blog mais peut-être que cela pourra rassembler un nombre plus important de lecteurs. Nous avons choisi l'appellation sobre de Nouvelles d'Istanbul pour ce nouveau blog. Bonne lecture

vendredi 18 avril 2008

Deux instantanés


DJ Mehdi est dans la place

Ce soir, le club Babylon qui se situe dans le quartier branché de Tünel, verra la venue d'un des plus talentueux représentants de la musique électronique française : DJ Mehdi. L'auteur de l'album Lucky Boy ( 2006, Ed banger Records / Because Music) succède à une longue liste d'artiste electro français qui ont posé ces derniers mois leur caisse de disques dans un club stambouliote. J'ai eu l'occasion ici d'assister à des sets de DJ qui ne seraient jamais passés dans mon coin de province reculée, ça doit être ça aussi la mondialisation culturelle. Heureusement, pas encore de soirées tecktonik dans les parages.

Bien que la liste ne soit pas exhaustive, ce sont presque tous les plus grands qui sont venus récemment ici. Les Daft Punk en personne avaient déposé leur pyramide l'été dernier à la Kuruçesme Arena pour un concert en plein air d'anthologie. Quelques mois plus tôt, c'était Birdy Nam Nam qui avait été invité par l'Institut Français. La liste est encore longue, depuis le début de l'année, ce sont Laurent Garnier, Vitalic, Vicariouss Bliss, Sebastian, Mr Oizo (cf. flat Eric) ainsi que Joakim qui ont fait escale au bord du Bosphore. A venir, Sébasiten Tellier, le représentant français à l'Eurovision (qui est un évènement phare en Turquie) le mois prochain au Chill Out Festival.

Tous ces concerts ont lieu dans deux salles très réputées d'Istanbul : Babylon (tous genres) et Indigo (seulement electro). Il est intéressant de constateur une très forte présence des artistes du label parisien Ed Bangers mené par Pedro Winter (aka Busy P). A quand la venue du duo prosélyte Justice ?

Ve 18 avril,

23 h @ http://www.babylon-ist.com/
Dj MEHDI
30 YTL, étudiants 20 YTL

mercredi 16 avril 2008

Drapeau : The bigger the better


C'est une nouvelle de la semaine dernière mais que je ne pouvais me passer de la publier. Je l'ai vu dans le très mauvais (en Turquie) quotidien gratuit 20 minutes. Dans le quartier de Gazi, le deuxième plus grand drapeau de la Turquie a été érigé devant le commissariat de police. Il fait 15 m par 22,5 soit 337,5 m2, le journaliste est précis. D'après l'article, il a été érigé sur un mat de 85m. Vous ne rêvez pas, ici on aime son drapeau ! Je n'ai pas vérifié mais je présume que le plus grand drapeau du monde dans le Guiness des records doit être turc.

vendredi 11 avril 2008

Street art à Istanbul

Au détour d'une ruelle, c'est à peine remarquable mais un Mickey brandissant une pancarte anarchiste se trouve là sur le mur, il s'agit d'un pochoir. Dans d'autres lieux la présence du street art est plus massive comme au café Urban à côté du lycée Galatasaray ou à Tünel. Dans presque tous les quartiers, il est possible de trouver des oeuvres artistiques murales ou d'autres interventions sur l'espace public qui appartiennent à ce que l'on appelle globalement le street art.


Le street art est aussi appelé post-graffiti, le graffiti étant des peintures à la bombe qui représentent souvent des lettrages, puisqu'il recourt à d'autres techniques comme le pochoir, les affiches, les stickers. Toute intervention dans l'espace urbain peut être considérée comme du street art, à condition qu'elle ne se fasse pas au profit d'un organisme privé, il s'agit alors d'une forme de guerilla marketing, par exemple les pochoirs annonçant l'arrivée du film Girdap pour le 21 mars.

Je ne participerai pas à cette guerre de clochers mais généralement le graffiti (qui appartient au mouvement hip-hop) n'est pas considéré comme appartenant au street art et les deux communautés artistiques cultivent leurs antagonismes.
A première vue, Istanbul n'est pas une ville où ces formes artistiques semblent développées, à la différence de Barcelone ou de Londres mais en flanant un peu dans la ville, une multitude d'oeuvres très variées s'offrent à l'oeil averti. Voici quelques clichés en attendant pourquoi pas, si le temps et l'envie sont toujours là, d'ouvrir un blog dédié au street art à Istanbul.


Pochoir, de Hrant Dink, journalite arménien turc assassiné voici plus d'un an par un ultra-nationaliste.



samedi 5 avril 2008

Ibrahim Tatlises, une voix en Or

Ibrahim Tatlises s'est peu à peu révélé à nous pendant notre voyage dans l'Est. Au départ, une vision subliminale. Une affiche dans la rue, une affiche pour son nouvel album "neden?" (pourquoi) tellement ringarde que l'on s'est bien demandé si ce n'était pas une pub pour des chemises.

Puis nous l'avons oublié, enfin pas sa moustache. Et lorsque nous sommes allés à Urfa nous apprenons que c'est là le fief de Voix Douce (traduction de Tatlises). C'est une sorte de dieu vivant, de nabab qui possède un véritable empire (compagnie de bus, chaîne de kébabs, compagnie aérienne, boîte de production entre autres). C'est un peu l'incarnation du self-made man version orientale: son père meurt très jeune, il commence à chanter dans les mariages. D'après sa bio wikipedia il serait d'origine kurde et arabe ce qui explique pourquoi on le voit portant le traditionnel keffieh kurde dans le clip suivant (dont il est aussi le réalisateur et où il fait semblant d'être un gars de la campagne). A 56 ans il a plus d'une trentaine d'album à son actif et reste plus que jamais la coqueluche des ménagères de plus de 50 ans avec sa moustache touch.

vendredi 4 avril 2008

Best of the EST # 3 - Symboles

A la vue de mes articles, tout le monde doit me prendre pour un obsédé des symboles nationaux, c'est vrai ! Voici un florilège de ce que j'ai trouvé dans mon voyage dans l'Est. Pour être franc, je n'ai pas rencontré là-bas une recrudescence particulière des manifestations de symboles nationalistes, la norme étant déjà assez élévée je dois l'avouer.

Les étudiants de l'Université d'Harran (Urfa) ont la joie de pouvoir pratiquer l'exercice physique sous l'oeil vigilant d'ATA, ici échauffement pour un match de basket-ball qui finira d'ailleurs en pugilat.

Place principale de Diyarbakir. Sur le bâtiment en face un petit chef d'oeuvre à la mémoire de Moustafa Kémal avec une citation et sur la gauche des symboles Hittites (si je ne me trompe pas). C'est une vue de ma chambre d'hôtel, par curiosité et pour tuer le temps, j'ai entrepris un petite enquête sociologique qui consistait à compter pendant une demi-heure le nombre d'hommes et de femmes qui traversaient la place. Résultat des courses : 75% d'hommes et 25% de femmes. La validité scientifique d'un tel chiffre est nulle mais généralement nous pouvons nous demander, à l'instar du chanteur Patrick Juvet , "Où sont les femmes" dans l'Est de la Turquie ? A la maison, sûrement.

En plein coeur de la zone à majorité kurde cette immense inscription sur la montagne en face du lac de Van vient rappeler à qui l'aurait oublié : "La patrie est indivisible", signé par le commando gendarme.
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